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Dr Nicolas Bouvier - Communiqué du 28 novembre 2017

à l'attention des victimes du Levothyrox nouvelle formule, des patients, des médecins, des autorités de santé et du gouvernement français.

 

Je tiens à remercier toutes les patientes et tous les patients qui m'ont apporté leur soutien dans ma démarche de recherche de la vérité concernant la mise sur le marché en France du produit chimique que l'on appelle Levothyrox nouvelle formule. Ce produit a été présenté par les laboratoires Merck Kgaaa comme un médicament fiable, sensé améliorer nettement la qualité des soins apportés aux patients souffrant d'affections thyroïdiennes.

 

Il est apparu depuis des mois que des troubles plus ou moins graves, des pathologies, voire des décès survenaient lors de la prise répétée c'est à dire journalière de ce produit. 

 

L'intensité de ces troubles, leur nature, leur diversité ont désorienté non seulement les patients mais aussi la communauté médicale et scientifique en France. Aucune explication sérieuse n'a été apportée à ce jour, par le laboratoire Merck Kgaa ou par les autorités de santé française pour les expliquer. 

 

C'est pour cette raison que j'ai déposé plainte contre X pour tromperie aggravée afin qu'une enquête pénale puisse être mise en œuvre pour dévoiler la vérité et expliquer notamment l'origine de ces graves difficultés rencontrées par les patients,

 

De mon côté et devant l'urgence de la situation, j'ai procédé moi même à des recherches. Je n'ai été aidé dans ma démarche par aucun confère ni par aucun pharmacien. Seul un éminent professeur de pharmacologie ainsi que de nombreux patients m'ont apporté des éléments utiles. Je les en remercie du fond du cœur. 

 

Il en ressort un certain nombre de faits et de conclusions que je réserve à la justice française et que je ne communiquerai ni sur les réseaux sociaux ni à la presse. 

 

En ce qui me concerne, j'estime que la dignité des patientes et des patients a été exemplaire. Je leur témoigne à nouveau ma reconnaissance pour leur engagement à mes côtés. Le silence des institutions officielles rattachées à la santé que j'ai sollicitées, n'appelle de ma part aucun commentaire. Il est possible que l'instruction judiciaire qui aura lieu nous éclaire plus précisément sur le sens de cette attitude. 

 

Je ne soutiens aucune initiative de qui que ce soit, qui viserait à limiter l'action des patients à une seule demande d'indemnités auprès d'une juridiction civile, les privant ainsi d'une procédure pénale qui s'avère indispensable à l'établissement de la vérité. 

 

En effet, cette procédure permettra par exemple, de démontrer qu'une étude scientifique sérieuse et incontestable, a mis en évidence, bien avant 2011, que le mannitol, nouvel excipient introduit dans le levothyrox nouvelle formule, ne garantissait pas la stabilité de conservation du lévothyrox de façon sensiblement supérieure au lactose. La thèse qui nous a été administrée médiatiquement à haute dose, pour justifier le changement de formule du Levothyrox est donc sans fondement. 

 

Ce n'est que l'un des points qui mériteront d'être abordés. Le principal étant bien évidemment la souffrance des patients, le préjudice inutile qui leur a été causé, et le mépris dont ils ont considéré être les victimes.

 

Bien fidèlement

Docteur Nicolas Bouvier

Source : Facebook de Nicolas Bouvier (Cabinet Médical)

 


Le docteur Nicolas Bouvier a porté plainte contre le laboratoire Merck pour "tromperie aggravée

Le Docteur Nicolas Bouvier a porté plainte contre le laboratoire Merck pour "tromperie aggravée" suite à la mise sur le marché de la nouvelle formule du Levothyrox. Ce médecin Généraliste, qui a été rattaché dix ans au service de la pharmacologie et de toxicologie de Reims en France, a vu plus de la moitié de ses patients sous Levothyrox tomber très malade et estime que le laboratoire est responsable. Le Docteur Bouvier pointe aussi la duplicité et l'incompétence des autorités française. Entretien avec un médecin qui ne décolère pas !

 

Que s'est-il passé avec vos patients à partir du moment où la nouvelle formule du Levothyrox est venue remplacer l'ancienne ?

Nicolas Bouvier : Je prescris du Levothyrox depuis fort longtemps à mes patients, et je n'ai pas eu connaissance du changement de formule par le laboratoire, mais par une patiente, en janvier 2017. Elle m'a précisé que c'était son pharmacien qui le lui avait fait savoir en précisant : "il va falloir faire attention". J'ai prescrit la nouvelle formule à partir de mars-avril et c'est plutôt à partir du mois de juin-juillet que les troubles sont apparus. Les patients se sont plaints surtout de problèmes digestifs, de crampes, de vertiges, de prise de poids. Au départ, je dois avouer que je n'ai pas imputé automatiquement les difficultés rencontrées par les patients à cette nouvelle formule du Levothyrox.

Ces troubles sont apparus pour environ la moitié des patients sous nouvelle formule. Au cours de l'été, le nombre et l'intensité des troubles a crû, avec une patiente qui a présenté des troubles cardiaques graves, que j'ai dû hospitaliser deux fois. Fin septembre, quasiment 60% de ma patientèle sous Levothyrox nouvelle formule présentait des troubles sévères, se plaignait avec insistance du Levothyrox et me demandait une alternative. J'ai commencé à me poser des questions, mais j'avais des dosages de TSH, de T4 et de T3 (hormones thyroïdiennes, ndlr) qui redevenaient normaux.

 

On avait donc un équilibre thyroïdien qui était en apparence correct, avec des troubles physiques, cliniques, qui étaient quand même avérés. Donc ce n'était pas l'équilibration hormonale thyroïdienne qui était en cause, mais autre chose. Ensuite la situation s'est aggravée, et c'est à partir de ce moment là que j'ai été amené à déposer plainte pour tromperie aggravée à la gendarmerie avec un avocat, puis à saisir le défenseur des droits avec un autre, puisque la mise en œuvre d'un traitement de substitution est extrêmement complexe. 

 

Que se passe-t-il, à votre avis, avec cette nouvelle formule de médicament ? 

N.B : J'ai une certaine expérience sur la question puisque j'ai travaillé plus d'une dizaine d'années dans le laboratoire de pharmacologie de CHU de Reims. Ces troubles me paraissent anormaux, compte tenu de leur intensité, de leur gravité, de leur multiplicité et surtout de leur durée. Ce qui me paraît d'autant plus anormal, c'est qu'un laboratoire comme le laboratoire Merck, qui a des prétentions dans la qualité de ses traitements en ce qui concerne le cancer, l'immunothérapie et qui a une grande expérience dans la fabrication de médicaments, n'a pas su mettre au point une nouvelle formule qui soit sans danger. On peut considérer qu'il puisse y avoir des effets secondaires quand vous mettez au point un nouveau médicament, mais encore faut-il que ces effets secondaires soient mineurs ou contingentés. 

 

Il n'y a pourtant eu que le remplacement de l'excipient, du lactose, par du mannitol et de l'acide citrique ?

N.B : Oui. Mais ce qui me paraît étrange c'est le "process". Comment un laboratoire, aussi au fait des questions de fabrication d'un médicament, peut avoir autant de difficultés à produire un médicament, le Levothyrox nouvelle formule, qui soit efficace et sans danger pour les patients. Cette difficulté est anormale. Parce que quand vous fabriquez un médicament il y a des règles très précises qui visiblement n'ont pas l'air d'avoir été appliquées. Ce qui est très anormal, c'est aussi que des instances comme l'ANSM ou le ministère de la Santé ne reconnaissent pas d'autre problème que celui du dosage. Cet acharnement du Ministère et de l'ANSM à aller dans le sens d'une thèse qu'on veut imposer à l'opinion, a un motif, a une raison. Il est donc très important qu'il y ait une instruction judiciaire, parce que celle-ci va permettre de mettre en lumière les motifs réels qui ont autant poussé certaines personnes à aller dans le sens d'une thèse et pas dans l'autre.

 

Je n'ai pas d'explication pour les troubles des patients, mais par contre, il y a quelque chose qui me paraît extrêment important. Dans les déclarations de l'Agence du médicament, il y a la justification du remplacement du lactose parce qu'il dégraderait le Levothyrox et en pertuberait la stabilité. On constate que 5% des Européens sont intolérants au lactose. Mais on constate aussi que plus de 80% des Asiatiques, notamment les Chinois, sont intolérants au lactose. C'est un immense marché. Et l'on constate également que l'usine Merck  de Nantong, en Chine — pour laquelle le laboratoire a investi des dizaines et des dizaines de millions d'euros — fabrique le Levothyrox avec la molécule mannitol, mannitol qui est également produit en Chine. On se demande pourquoi, alors que pendant des années les patients européens et français ont pris du Levothyrox sodium avec du lactose, on leur trouve soudainement un impératif à ce qu'ils prennent un autre excipient que le lactose, et que parallèlement l'entreprise Merck développe une énorme usine en Chine qui fabrique du Levothyrox sans lactose, mais avec du mannitol. Et je trouve très étrange aussi que les autres pays européens comme l'Italie et l'Espagne conservent le lactose comme excipient et n'aient pas du tout les mêmes désirs que l'Agence française du médicament.

 

La France serait en quelque sorte pionnière dans le passage du lactose au mannitol, cette nouvelle formule venue de Chine ? 

N.B : Oui,  la France est pionnière dans beaucoup de domaines, mais elle l'est aussi dans la désignation des responsables de ses instances. Notamment en ce qui concerne l'Agence du médicament. En 2011, le 17 février, lors du scandale du Médiator, il y a eu une audition de plusieurs responsables devant le Sénat dont Monsieur Dominique Martin, l'actuel directeur de l'Agence du médicament. On lui pose alors la question suivante : faut-il améliorer le système de pharmacovigilance en France ? L'actuel directeur de l'Agence du médicament déclare à ce moment là "qu'il n'est absolument pas compétent dans ce domaine". Autrement dit, ce monsieur a accepté le poste de directeur de l'ANSM proposée par madame Touraine en étant totalement incompétent dans ce domaine là. En France on nomme des gens incompétents. Donc ça me pose question. Il y a un gros problème de pharmacovigilance qui ressort avec le Levothyrox, et la personne en charge de la pharmacovigilance n'est pas compétente. 

 

Que pensez-vous des solutions alternatives au Levothyrox nouvelle formule, proposées, avec le L-Thyroxine Henning de Sanofi ou le générique grec Thyrofix ?

N.B : Ce que j'en pense ? Et bien, il faut que les patients s'adaptent, que les médecins bricolent, parce qu'il y a eu le problème avec le Levothyrox. Nous sommes donc amenés à une situation d'improvisation, de bricolage, de rafistolage, d'affolement, parce qu'il y a des centaines et des centaines de personnes dans des situations épouvantables et qu'il y a des plaintes judiciaires. Mais pourquoi en est-on arrivé là ? J'avoue que je suis sidéré que dans un pays qui prétend avoir le meilleur système de santé au monde, et bien finalement ce système de santé n'est pas si performant que ça. Dans une telle situation, on essaye de faire en sorte que les patients soient protégés d'un risque face à un médicament, donc on ne leur prescrit plus de Levothyrox nouvelle formule. Si on a à disposition des médicaments qui reprennent dans leur composition l'ancienne formule, on represcrit ces médicaments et on fait un ajustement de posologie si besoin, en fonction de leur réponse thérapeutique. Donc on fait de la médecine. Mais il ne semble pas que le laboratoire Merck ait fait de la pharmacie, vu ce qu'ils nous ont sorti comme médicament. Il y a donc un doute sur la qualité du médicament.

 

Pourtant, de nombreux médecins expliquent cette crise avant tout par une surmédiatisation et une forme d'emballement des patients créé par les médias ? 

Je ne m'exprime pas sur le sujet, sur le déni face aux souffrances causées par la prise de ce médicament, mais ce que je souhaite à tous mes confrères et consœurs c'est de ne pas à avoir à être confronté dans leur famille, ou à titre personnel à des difficultés thyroïdiennes avec un médicament qui vous porte préjudice. Parce que quand on a ce genre de problèmes chez soi ou en soi, et bien peut-être que ça fait un peu changer de point de point de vue, et que le mépris affiché à l'égard des personnes qui souffrent prend alors une autre dimension. Il faut véritablement faire attention à ce que l'on dit et à ce que l'on pense quand on est praticien. 

 

Source : TV5 Monde le 19/11/2017

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Commentaires: 3
  • #1

    Noele Delefortrie (mercredi, 29 novembre 2017 15:42)

    Je viens de prendre la dernière formule du Levothyro (L-Thyroxine)
    Résultat : deux heures après la première prise : gonflement des yeux , de la lèvre supérieure et difficultés à respirer par le nez : d'où prises de Clarityne et abandon de cette formule "miracle"
    Quand reviendrons-nous à l'ancienne formule

  • #2

    victimedu nouveaulevothyrox (jeudi, 30 novembre 2017 05:02)

    « les effets indésirables observés chez certains avec le nouveau Levothyrox ne sont-ils pas le fait de patients ayant un syndrome d’Ehlers-Danlos méconnu ?
    Il resterait, encore, à comprendre pourquoi ces réactions n’ont été signalées qu’avec le changement de formule. »

    Combien de pilules empoisonnées vont-ils nous faire avaler avant que n'éclate enfin la vérité ?
    J'espère que je n'ai pas attrapé ce foutu syndrome ! ...

    Merci infiniment Monsieur BOUVIER pour votre soutien.

  • #3

    unpatient (mardi, 12 décembre 2017 14:13)

    Concernant le lien avec le Syndrome d'Ehlers danlos, c'est une piste qui mériterait d'être creusée dans l'intérêt de toutes les parties. Les réactions s'expliqueraient entre autre par la sur-réactivité aux médicaments et excipients fréquente dans cette maladie. Taper dans google "levothyrox ehlers danlos", les informations sont là.