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Revue de Presse - Assignation Merck au TGI de Saint Gaudens le 4 decembre 2017

Les patients commingeois exigent le retour de l'ancienne formule du médicament.

Une quarantaine de patients, souffrants des effets secondaires de la nouvelle formule du Levothyrox, ont demandé lundi au juge des référés de Saint-Gaudens d'ordonner au laboratoire Merck de leur fournir en urgence l'ancienne formule, conformément à un première décision du TGI de Toulouse. La décision a été mise en délibéré au 26 décembre. L'avocat des plaignants Me Jacques Lévy a de nouveau évoqué, lors de l'audience, un "scandale sanitaire", soulignant que ses clients "souffraient le martyr et ne savaient pas pourquoi". Il a assuré que la France était le seul pays européen ayant "fait modifier ce médicament". 

 

De son côté, l'avocat du laboratoire Merck, Me Antoine Robert, a assuré que "200.000 boîtes (du Lévothyrox ancienne formule) seront disponibles sur le marché à partir du 15 décembre". Merck France avait annoncé mi-novembre l'importation d'ici la fin de l'année de ces 200.000 boîtes supplémentaires.  Me Robert a demandé le rejet de la demande des plaignants, soulignant qu'"aujourd'hui, l'agence du médicament a indiqué qu'il existait cinq alternatives thérapeutiques, y compris un générique".

 

Le 14 novembre, le juge des référés de Toulouse avait condamné le laboratoire à fournir "par le biais des circuits de distribution et de commercialisation, sans délai" le produit ancienne formule aujourd'hui dénommé Euthyrox à 25 patients de la Haute-Garonne qui avaient adressé une requête devant cette juridiction. L'avocat des plaignants a ajouté à sa nouvelle requête, examinée lundi, "le préjudice d'anxiété des patients qui se sont retrouvés malades en ignorant les causes de leurs symptômes".  Au total, trois millions de patients prennent du Levothyrox en France (premier marché mondial) pour soigner l'hypothyroïdie ou après une ablation de la thyroïde. L'Agence du médicament (ANSM) a recensé, entre mars et septembre, près de

15.000 signalements pour effets indésirables. Sylvie Chéreau, fondatrice du collectif des victimes du nouveau Lévothyrox en Haute-Garonne, était en colère hier.

Source : 100% radio


Une quarantaine de patients, souffrants des effets secondaires de la nouvelle formule du Levothyrox, ont demandé, ce lundi, au juge des référés de Saint-Gaudens (Haute-Garonne) d'ordonner au laboratoire Merck de leur fournir en urgence l'ancienne formule, conformément à un première décision du TGI de Toulouse. La décision a été mise en délibéré au 26 décembre.  

"C’est une affaire complexe, dramatique, une véritable crise sanitaire". C’est par ces mots que maître Levy a débuté sa plaidoirie au tribunal civil. "Trente ans que ce produit ne pose aucun problème pour traiter les problèmes de thyroïde, et là, on ne sait toujours pas pourquoi, l’Agence national de sécurité du médicament (ANSM) a demandé d’en modifier la composition". Crampes, insomnies, maux d’estomac, troubles physiques, du comportement, tel est le quotidien des malades.

"Sur 37 millions de patients, dans le monde entier, poursuit maître Levy, on dénombrait environ 500 cas par an où se manifestaient des effets indésirables. Depuis que le nouveau médicament est en service, ce sont plus de 19 000 cas recensés".

L’avocat, soutenu par près de 70 personnes, dont le collectif des victimes du nouveau Lévothyrox, demande que soient pris en compte les souffrances des malades qui ne sollicitent qu’une chose: qu’on leur rende leur médicament qui a prouvé son efficacité. Seule la France a modifié la composition, alors que les pays voisins l’ont conservé. Pourquoi ? Tous veulent comprendre.

Nombreux sont les patients ayant franchi les frontières pour se procurer ce médicament et retrouver un semblant de guérison. "Les effets indésirables soulevés par le nouveau produit et la méconnaissance absolue de l’origine du mal conduit les patients à douter sur la gravité de leur état de santé, ce qui constitue une situation d’angoisse, d’anxiété, qu’il faut indemniser", lance l’avocat. "Remettre en circuit l’ancien Lévothyrox, et condamner les labos Merck avec astreinte", conclut Maître Levy.

L’ANSM, organisme d’Etat, évoque un impact psychologique lié à une période d’adaptation. Les laboratoires Merck ont également musclé leur défense par rapport à Toulouse où ils avaient accusé le coup avec une astreinte financière.

Pour le laboratoire Merck, Maître Robert démonte point par point l’argumentation de Maître Levy. Tout d’abord sur la compétence qu'a cette juridiction à statuer sur cette affaire, sur l’absence d’information aux médecins et pharmaciens, sur le caractère d’urgence avec astreinte, qui est écarté d’un revers de main. Maître Robert évoque cinq alternatives pharmaceutiques, produits de substitution (Eutirox) et générique prochainement sur le marché dans les pharmacies (218 000 boîtes) à même de prendre en compte la situation spécifique de chaque patient.

Concernant 38 cas particuliers sur 40 de demande d’indemnisation de 12 000 euros chacun, présentés par son confrère, Maître Robert démonte tableau à l’appui, l’imprécision de ces dossiers basés sur des autodéclarations et non sur des certificats médicaux circonstanciés.

Il sollicite l’irrecevabilité de ces dossiers. À la sortie de l’audience, après une joute verbale, c’est un sentiment d’incompréhension, et de colère que ressentent les victimes et leurs représentants, particulièrement contrariés par un certain mépris de leur situation, et le déni des laboratoires à reconnaître la moindre erreur de leur part. Une fois ce ressenti passé, unanimement tous sont prêts à se battre pour se faire entendre prochainement à Castres, Montauban, et Tarbes.

Pour une même affaire, le 14 novembre dernier, le laboratoire Merck a été condamné par le tribunal civil de Toulouse à devoir fournir, sur présentation des ordonnances, l’ancienne formule du Levothyrox à 25 plaignants représentés également par l’avocat toulousain Me Jacques Lévy, sous astreinte de 10 000 euros par jour en cas de non-respect du jugement.

Le même jour dans Egora (réservé aux  professionnels de santé)


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Commentaires : 1
  • #1

    Zen (jeudi, 07 décembre 2017 15:23)

    Merci pour vos articles.