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Lévothyrox : nouvelle action en justice à Toulouse

L'avocat toulousain Jacques Lévy assignait aujourd'hui devant le tribunal de Toulouse en référé le laboratoire Merck. Il  demande à la justice qu'elle contraigne sous astreinte le laboratoire à remettre à la disposition des patients l'ancienne formule du Lévothyrox. Le juge rendra sa décision le 11 janvier. 

 

C’est désormais une guerre judiciaire et médiatique qui se déroule entre le laboratoire Merck et les patients victimes de la nouvelle formule du Lévothyrox. Il y a quelques semaines, l’avocat toulousain Jacques Lévy avait assigné en référé le laboratoire pour qu’il fournisse en Lévothyrox, ancienne formule, les pharmacies. Lors de l’audience, le président s’était déplacé jusqu’à une officine voisine pour constater que lesdites boîtes n’étaient pas disponibles. 

Un mois plus tard, les choses sont toujours aussi compliquées pour les patients. « Mon médecin ne veut plus de délivrer des ordonnances pour l’ancienne formule, déplore Danielle, une patiente. On nous balade, je suis en colère ! »

C’est cette insécurité, cette angoisse des patients de ne pas savoir si oui ou non, ils pourront disposer d’un médicament qui les soulage au lieu de les rendre malades, que Me Jacques Lévy a voulu exposer ce jeudi. 

« Sur 37 millions de doses distribuées en trois ans, il y a eu, avec l’ancienne formule, 500 signalements.  Avec la nouvelle formule, en mois de 6 mois, on en est à 19 000 signalements ! »

Pour Me Lévy, le changement de formule n’est pas motivé par des exigences de santé : « Mais la formule va tomber dans le domaine public d’ici fin 2018 : à mon avis, il y a une explication économique à cette décision, validée par l’Agence nationale de surveillance du médicament ! »

Pour Me Antoine Robert, avocat du laboratoire, « nous avons fait ce qu’on nous a demandé de faire : la formule a été modifiée sur demande de l’agence du médicament, etc’est elle qui a retiré l’autorisation de mise sur le marché de l’ancienne formule : ce n’est pas à nous qu’il faut s’adresser, mais à l’agence du médicament ! »

Pour l’avocat, depuis la dernière audience, « les choses ont radicalement changé : il n’y a plus l’urgence absolue dont fait état Me Lévy, car le laboratoire a débloqué 220 000 boîtes, tous les grossistes ont été livrés en décembre, et peuvent délivrer les médicaments aux officines qui en font la demande »

Pour Florent Bensadoun, directeur juridique du laboratoire Merck, "des alternatives thérapeuthique sont aujourd'hui disponibles, et nous avons contribué à cette initiative.  Nous avons mis sur le marché 200 000 boîtes,  et les pharmacies peuvent en commander."

« 200 000 boîtes, avec 8 dosages, pour 28 000 pharmacies, cela fait une boîte par pharmacie ! » calcule Me Lévy, suscitant les applaudissements du public. 

Avocat de l’ANSM, Me Nathalie Schmelck affirme que le choix de l’autorité est dicté « uniquement pour des raisons de santé publique. » «Il fallait stabiliser le principe actif, dans l’intérêt des patients ». Une démonstration moyennement appréciée du public, qui en a manifestement assez que l’on décide pour son bien. Jugement le 11 janvier. 

 

Source : La Dépêche du Midi Toulouse - 21/12/2017


Demande de Levothyrox ancienne formule: décision le 11 janvier à Toulouse

Une nouvelle fois, l'avocat toulousain Jacques Lévy a plaidé  aujourd'hui devant le tribunal de Toulouse contre le laboratoire Merck. Il a demandé à la justice un retour de l'ancienne formule du Lévothyrox. La décision sera rendue le 11 janvier 2018

 

Un juge des référés du TGI de Toulouse (Haute-Garonne) a examiné jeudi une requête de 23 patients souffrant d'effets secondaires de la nouvelle formulation du Levothyrox, qui réclament que le laboratoire Merck leur fournisse en urgence l'ancienne formule du médicament, a indiqué l'avocat des plaignants.

La décision sera rendue le 11 janvier, a précisé à l'AFP Me Jacques Lévy. Il s'agit de la deuxième affaire examinée par le TGI de Toulouse contre le laboratoire allemand.
Le 14 novembre, un juge des référés toulousain avait condamné Merck à fournir "par le biais des circuits de distribution et de commercialisation, sans délai" le produit ancienne formule aujourd'hui dénommé Euthyrox à 25 patients de la Haute-Garonne qui avaient adressé une requête devant cette juridiction.

Il avait assorti sa décision d'une astreinte de 10.000 euros par jour et par infraction constatée. Merck a fait appel de cette condamnation. "Cette nouvelle action à Toulouse est intentée par des patients qui n'avaient pas pu se joindre à la première (procédure) car leurs dossiers n'étaient pas prêts. Ils sont très longs à constituer", selon Me Lévy.

Me Lévy a également intenté une action similaire devant le tribunal de Saint-Gaudens (Haute-Garonne), lequel doit rendre sa décision le 26 décembre.

L'avocat prévoit également une assignation en janvier à Castres (81) puis à plus long terme à Tarbes (65)  et Montauban (82).
Dans sa nouvelle action à Toulouse, Me Lévy a insisté sur le "préjudice d'anxiété" qui n'est pas terminé car les malades "ignorent les conséquences à long terme qu'aura sur leur santé" la prise du nouveau Lévothyrox

 

 

Source : France 3 Toulouse - 21/12/2017