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Les victimes bigourdanes du nouveau Levothyrox brisent le silence

Dans la lignée du collectif qui a vu le jour en Occitanie, plusieurs malades de la thyroïde des Hautes-Pyrénées, confrontés aux effets néfastes de la nouvelle formule, se mobilisent avec une première réunion dimanche, à Aurensan.

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Il y a quelques semaines encore, Fabienne, Germain, Louise ou Solange ne se connaissaient pas. Ce qui les réunit aujourd’hui, ils s’en seraient bien passés. Tous sont confrontés aux effets indésirables induits par la prise de la nouvelle formule du Levothyrox, le traitement prescrit pour pallier les déficiences thyroïdiennes. « Je prenais ce traitement depuis plus de vingt ans, explique Louise, 66 ans. Depuis le printemps et le changement de formule, je perds mes cheveux, je suis désorientée. On m’a dit que c’était l’âge. Je me réveille au milieu de la nuit, à 2 heures et je prends mon petit déjeuner. Souvent, je suis énervée, excitée. Je ne sais plus quoi faire. Je suis dépassée. J’envisage d’aller me procurer l’ancienne formule en Espagne. »

 

"Je ne pouvais plus tenir sur mes jambes"

 

D’autres ont sauté le pas et la frontière pour l’Eutyrox, l’équivalent ibère de l’ancien Levothyrox. C’est ce qu’a fait Fabienne, lorsqu’elle ne trouvait plus de l’ancien Levothyrox en France. « Moi qui ai une retraite très active, je me suis retrouvée fatiguée, avec des palpitations cardiaques, des jambes douloureuses. Je prenais le Levothyrox depuis vingt-cinq ans et mon médecin a d’abord mis ça sur le stress. Et comme je n’ai plus de thyroïde, sans médicament, je meurs. On a diminué le traitement, ça n’allait toujours pas. Au fur et à mesure des procédures lancées contre Merck, le laboratoire a remis sur le marché des boîtes d’anciennes formules. Ce n’est pas la panacée mais les nuisances ont diminué. Ça prendra énormément de temps à tout éliminer. Et quand j’ai voulu savoir ce qu’il y avait dans la nouvelle formule, impossible… » « Quand je me suis interrogé, on m’a dit qu’ils avaient juste changé l’emballage, abonde Germain, opéré de la thyroïde en 1994. Au bout d’un moment, je faisais des malaises. Je ne pouvais plus tenir sur mes jambes. Aujourd’hui, je veux dénoncer ça et comprendre… »

 

"Que les deux formules soient disponibles"

 

Depuis quelques semaines, l’affaire du nouveau Levothyrox a explosé. Déjà deux procès ont eu lieu à Toulouse et Saint-Gaudens, foyers initiaux de la contestation des malades. Aujourd’hui, les victimes du nouveau Levothyrox veulent aussi se faire entendre en Bigorre.

 

« Comme chacun est dans son coin, on ne sait pas trop combien de personnes sont concernées », détaille Fabienne Monquignon, une des premières dans le département à dénoncer ces effets à la pharmacovigilance. Ils sont 120.000 à en avoir fait de même en France. « Tous ne sont pas recensés, glisse Fabienne. On ne peut pas rester comme ça. »

 

D’autant que la réponse de la ministre de la Santé qui a promis cinq nouveaux médicaments ne leur convient pas. « Là, on sert de cobayes pour ces nouveaux traitements, s’érige Germain. Nous, on veut retrouver ce qu’on avait. » « J’ai essayé de changer de traitement, c’était pire, conteste Fabienne. Il faut informer les gens, les aider à remplir leurs dossiers. Je me bats pour moi et pour les autres. »

Un combat qu’entend porter le collectif de victimes du nouveau Levothyrox dans les Hautes-Pyrénées, dont la première réunion aura lieu dimanche 14 janvier, à 14 heures, au foyer d’Aurensan. « On ne fait pas ça pour demander de l’argent, précise Fabienne Monquignon. On veut juste que les deux formules du Levothyrox soient disponibles. Certains supportent la nouvelle. Mais les autres… Il y a des personnes qui n’ont pas les moyens de se battre, comme dans les maisons de retraite. Ça, c’est scandaleux ! »

Contact : 06.84.11.01.01 ou sur le site du collectif

 

Source : LA DEPECHE DU 7/1/2018