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EXCLU / Lévothyrox : Un Bitterrois attaque une multinationale du médicament

« Je savais que j’avais fondu mais en regardant ces deux photos ma perte de poids est flagrante et impressionnante ! » Sur la première photo, lors de la campagne des législatives, au printemps 2017, Franck, un Bitterrois de 53 ans, souriant est enveloppé. Sur la seconde photo, quelques mois plus tard, il apparaît singulièrement amaigri de… quinze kilos ! La faute, selon lui, à ce satané médicament qui défraye la chronique : le Levothyrox (1) censé réguler la thyroïde. Du coup, Franck a pris un avocat spécialisé du barreau de Montpellier, Nicolas Knispel, et attaque, via une assignation en référé au tribunal de Béziers ce mardi 16 janvier après-midi la firme multinationale Merck, basée en Allemagne, qui a mis ce médicament possiblement défectueux sur le marché.

« On est des rats de laboratoire !  » s’insurge Franck, soigné depuis longtemps pour la maladie de Huntington, une atteinte neurologique grave. « Je suis déjà dans un processus médical lourd, confie-t-il. Et, en 2006, après un traitement par irradiation de la gorge, ma thyroïde s’en est trouvée fatiguée. » Puis, en mars 2017, la mise sous Levothyrox s’impose. « Jusqu’en juin, des désagréments mais rien de grave. Ensuite… Ensuite, je me vidais sur les toilettes, etc. J’ai compris ce qui se passait… »

 

Les pouvoirs publics imposent alors à Merck de recourir à l’ancienne formule mais elle est distribuée au compte-goutte : « A peine 200 000 boites sont prévues chaque mois pour alimenter 22 000 pharmacies. Trop peu ! Rien que moi, j’en ai besoin de deux boîtes… » Franck, qui veut donc obliger Merck à répondre aux besoins de traitement des patients français à travers cette procédure, a hésité à se joindre à un collectif, V.N.L.O. qui a mené une action de groupe à Toulouse et peut-être d’autres à venir (2). « Je veux être sûr que l’on aura assez de ces médicaments après 2018. J’ai finalement préféré y aller seul même si dans un second temps, au pénal, je me joindrai probablement à une action collective », confie encore Franck qui vit avec l’allocation adulte handicapé.

 

« Il est manifeste que cette agence, comme du reste le ministère de la Santé et le laboratoire producteur de la spécialité en cause, ont grandement tardé à prendre la mesure de l’impact de la nouvelle formule, à telle enseigne que la remise en circulation de l’ancienne formule n’est toujours pas assurée au jour des écritures », insiste l’avocat.

Il demande de condamner le laboratoire Merck à fournir sans délais le produit  ancienne formule

En attendant une solution d’un médicament pérenne, Nicolas Knispel demande au tribunal de « condamner le laboratoire Merck à fournir par le biais des circuits de distribution et de commercialisation, sans délai, le produit ancienne formule et ainsi répondre à toute demande de son client, muni d’une ordonnance prescrivant l’Euthyrox, quel que soit son dosage, se présentant pour s’approvisionner dans toute pharmacie de l’Hérault, et ce sous astreinte de 10 000 € par infraction constatée, celle-ci étant établie le cas échéant par la remise d’une attestation du pharmacien établissant l’impossibilité de fournir le produit sous 48 heures malgré demande à ses centres ou groupements grossistes habituels. »

 

Contacté, Jacques-Antoine Robert, l’avocat de Merck du cabinet parisien Simmons et Simmons, n’était pas joignable.

 

Olivier SCHLAMA

Source : Dis-leur.fr

 

(1) Des dizaines de milliers de patients ont signalé des effets indésirables importants suite à la prise de cette hormone censé réguler la thyroïde. Trois millions de Français suivraient un traitement à base de Lévothyrox. Les pouvoirs publics ont lancé une enquête.

« Pourquoi Merck n’est pas traité comme Lactalis ? »

On était dix à la création du collectif le 10 septembre dernier. Aujourd’hui, on ne sait pas ; ça vient de tous les côtés. On est des milliers et on n’a pas de numéro vert avec des gens pour répondre. On est seulement six bénévoles… » Ainsi parle Sylvie Chéreau, la présidente du VNLO, le collectif des victimes du nouveau Lévothyrox en Occitanie. C’est ce collectif qui a été débouté face à Merck il y a quelques jours. Les victimes demandaient un approvisionnement suffisant. La justice a considéré qu’il y avait eu « une introduction d’Euthyrox sur le territoire français » et que, de ce fait, « il n’y avait pas de défaut d’approvisionnement en Euthyrox. ».

 

« Ce n’est pas grave. C’était l’effet recherché : on a poussé Merck à s’engager à approvisionner convenablement. Elle poursuit : « La dernière réunion que nous avons faite, dans un village de 800 habitants, il y avait 200 personnes. Nos 150 feuilles à remplir de pharmacovigilance ont été épuisées en peu de temps ! » Car le collectif demande à ses membres de signaler leurs effets indésirables sur le site de l’ANSM, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, un organisme d’état, qui autorise les mise sur le marché des médicaments et donc du Lévothyrox. Et ce, même si cela revient à demander « à une compagnie aérienne à expliquer le crash d’un de ses avions… » Mais, malin, le collectif adresse aussi parallèlement ces déclarations aux centres de pharmacovigilance de Montpellier et de Toulouse. » Histoire qu’elles ne soient pas enterrées. Et prévoit, avec son avocat, « d’autres actions en justice ».

 

Et d’asséner : « Pourquoi Merck n’est pas traité comme Lactalis ? Pourquoi n’y a-t-il pas d’audit ? Macron n’a-t-il pas dit qu’il faut faire toute la lumière sur cette affaire ? C’est étrange. Et puis nous demandons qu’il y ait de façon générale une traçabilité du médicament. On sait bien quand on achète un objet made in France et on ne le sait pas quand un médicament est fabriqué en Chine ou en Inde ! »

 

O.SC.



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Commentaires: 2
  • #1

    Moussy (mardi, 16 janvier 2018 21:09)

    Je supporte de nombreux effets indésirables depuis le mois d'avril m"étant signalée à la pharmacovigilance de Reims j'ai été appelé par un médecin j'ai reçu un numéro de dossier. Je viens d'arrêter mon traitement car je n'en peux plus (j"ai encore ma thyroïde ) je suis soignée pour des nodules depuis plusieurs années k

  • #2

    CLAIRE (mardi, 30 janvier 2018 14:14)

    Bonjour,
    Depuis 2002 je n'ai plus de thyroide, jusqu'au mois d'avril 2017 tout se passait très bien,
    courant mai je suis allée à la pharmacie pour renouveller mon LEVOTHYROX 100, début juin les problèmes ont commencé à arriver ('insomnies, palpitations, crampe musculaire, très grande fatigue, idées noire, perte des cheveux) ayant été traité en 2015-2016 pour un cancer du sein, les médecins (généraliste et cancérologue) m'ont aussitot fait faire une série d'éxamen en cas de récidive !!! LE RESULTAT A CHAQUE FOIS était normal
    j'étais rassuré, mais pas d'explication sur ce qui m'arrivé. EN juillet et AOUT j'étais très mal et mal a l'aise de dire au médecin combien je me sentais mal. LA réponse a etait " je ne comprend pas !! septembre LES médias ont commencé à en parler et j'ai aussitot fait le lien. Fin septembre j'en ai parlé au médecin, apparamment il ne semblait pas aux courant, et j'ai eu l'impression d'être la seule à qui cela arrivé!!! DEBUT OCTOBRE je suis aller en ESPAGNE chercher EUTHYROX 100 et quelques jours après être revenu à l'ancienne formule LEVOTHYROX les effets secondaires commencé petit à petit à diminuer. a ce jour je ne décolère pas, pour moi l'été A était un enfer. CETTE SITUATION EST LAMENTABLE ET INEXCUSABLE. OUI j'ai l'impression d'avoir était prise pour un rat de laboratoire et suis bien décider à me battre pour qu'une telle situation ne se reproduise plus.
    Ayant constitué un dossier complet et habitant près de BEZIERS, je souhaiterais rentrer en contact avec FRANCK MAUCCI . Merci d'avance
    voici mon tel. 06 85 55 25 46 claire.fite@free.fr