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Levothyrox : que sont devenus les patients ?

Lancée en mars 2017, la nouvelle formule du médicament destiné à traiter les problèmes de thyroïde a provoqué une crise phénoménale. Plusieurs mois après, en Limousin, les patients se débrouillent comme ils peuvent.

La crise autour du Levothyrox aurait touché 0,75 % des 2,3 millions de patients français qui prennent quotidiennement la molécule. Une minorité, mais qui équivaut quand même à 17.300 déclarations d’effets indésirables recensées par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), en novembre et ne minimise en rien la souffrance des malades. Où en sont-ils aujourd’hui?? Témoignages en Limousin, alors que dans la zone police de Limoges, sept plaintes ont été déposées.

Nadine Ferrière, 54 ans

« J’ai renoncé à obtenir l’ancienne formule via une action en justice ». « J’ai renoncé à mon action en référé pour obtenir la disponibilité de boîtes de l’ancienne formule en pharmacie sur Limoges. Cette démarche a en effet échoué à Saint-Gaudens et Toulouse. Mais j’ai déposé officiellement plainte contre X au commissariat de Limoges, le 7 février, comme victime du changement de formule, notamment pour « tromperie sur la nature, la qualité, l’origine ou la quantité d’une marchandise »?; « blessure involontaire avec ITT inférieure ou égale trois mois » et « administration inhabituelle de substances nuisibles à personne vulnérable suivie d’une incapacité supérieure à huit jours. Pour l’instant, j’arrive à me fournir en Allemagne par Internet. Je vais mieux mais j’ai encore des désagréments [dans notre édition du 23 septembre, Nadine Ferrière confiait « ne plus dormir du tout », avoir « des crises de larmes, de panique », « devenir dingue »]. »

Sylviane, 56 ans

« J’ai le sentiment qu’on nous a oubliés ». « Quand j’ai pris le nouveau Levothyrox, je suis restée trois mois dans un état déplorable, je manquais tellement d’énergie que je ne pouvais même plus marcher. En octobre, j’ai réussi à obtenir une boîte de l’ancienne formule venue d’Allemagne : de l’Euthyrox. En huit jours, mon état est redevenu normal. Ma boîte s’est terminée en janvier et cette fois-ci, j’ai récupéré de l’Eutirox, d’Espagne. Problème, alors que c’est le même médicament, cela m’a rendue malade : crampes, fatigue… Grâce à un collègue, dont le beau-frère vit en Allemagne, j’ai de nouveau pu obtenir de l’Euthyrox le 13 février. J’ai de quoi tenir six mois, mais après, je deviens quoi puisque le laboratoire va cesser de fabriquer l’ancienne formulation?? Je veux être écoutée. On nous parle désormais de capsules molles à base de levothyroxine qui n’auraient qu’un seul excipient. Très bien, mais il coûte 9 € par mois, non remboursés, au lieu de 2 € pour le Levothyrox. Ce n’est peut-être pas énorme, mais ça me révolte et puis rien ne garantit qu’il ne va pas falloir encore régler le dosage et s’adapter. Je passe pour une dépressive, qui se fait des idées?? Je dis ce que je ressens, je suis juste en colère, j’ai le sentiment qu’on nous a oubliés… On multiplie les alternatives, sans nous proposer le Levothyrox originel : pourquoi?? Je lance un appel au secours. J’ai heureusement une endocrinologue à l’écoute. »

 

Jeanine, 84 ans 

« Rien n’est vraiment réglé ». « Je suis sous L-Thyroxin Henning depuis décembre, mais rien n’est vraiment réglé. Parfois, il en manque en pharmacie. Quand j’étais sous la nouvelle formule du Levothyrox, j’étais très énervée, agressive même : ça s’est arrangé de ce côté-là. Mais avec le L-Thyroxin Henning, j’ai pas mal de bouffées de chaleur que je n’avais pas auparavant. Certes, je souffre d’autres pathologies, mais c’est compliqué et ces changements m’ont beaucoup perturbée… J’attends les derniers résultats de mes analyses. Quant à l’avenir, comme la solution actuelle n’est que momentanée, je ne suis pas sereine… »


Commentaires: 2
  • #2

    Cobaye (samedi, 10 mars 2018 10:49)

    Moi ça fait plusieurs mois que je suis passée sous L thyroxin henning mais ça va guère mieux. Ma liste d'effets indesirables a ete longue. Je vais pas mieux. Je suis à mon compte, petite éleveuse de chiens, je produis qu'une portee par an mais cette fois j'ai du reculer ma prochaine portee de chiots. Je suis hors service depuis 9 mois. J'ai trop mal partout, c'est ça le plus genant. Le moindre effort est difficile, part en contractures, en tendinites, en crampes, j'ai toujours aussi des vertiges qui me font perdre l'equilibre. J'ai pas pu trop voir de medecins, je suis isolee en montagne, je survis. Pas d'ITT donc. Apres m'être occupée de mes animaux chaque jour, je m'écroule. On m"a prescrit des examens mais j'ai pas pu les faire. Il faut aller trop loin .Je peux pas me battre pour survivre et en même temps pour me défendre. J'ai bien fait une declaration à la pharmacovigilance un jour de colère, sans pouvoir fournir des documents, des preuves . J'ai pas de scanner. Pas d'ordi. La pharmacovigilance ne s'est pas empressee de me demander des documents. Ils m'ont juste répondu avoir reçu ma declaration, c'est tout. On peut parier que je ne fais donc pas partie des cas comptabilisés comme serieux. Et pourtant je n'ai plus de vie . Combien sommes-nous isolés comme moi qui survivont comme nous pouvons loin des comptages ?

  • #1

    cobaye (lundi, 05 mars 2018 14:18)

    Et ces analyses toxicologiques qui ne sont pas faisables ?
    Ils essaient tous de gagner du temps !
    D'ici là les pilules seront périmées !
    Et le labo a peut-être déjà rectifié le poison ?
    De toute façon ces analyses ont été faites mais le résultat est inavouable !