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Franck Maucci : "Il faut signaler qu'on a été malade à cause du Levothyrox®"

À l'initiative de la réunion, au 17 avenue Albert-1er, à Béziers,ce dimanche, à 14 h 30, Franck Maucci, un Biterrois de 53 ans.  Il a intenté une action en justice contre Merck, le groupe multinational allemand, fabricant du Levothyrox®. À l'instar d'autres malades, il accuse la nouvelle formule de ce médicament, prescrit pour soigner les dérèglements de la thyroïde, de causer de graves troubles de santé.

Pourquoi organiser cette réunion d'information sur le Levothyrox® ?

 

Il y a énormément de personnes qui ont été touchées par les effets de la nouvelle formule du Levothyrox®. Et beaucoup n'ont pas fait leur déclaration à la pharmaco-vigilance.Il faut signaler qu'on a été malade, expliquer pourquoi, avec quel médicament, quel dosage. C'est la première étape indispensable.

 

Vous allez raconter votre propre histoire ?

 

Je vais expliquer pourquoi j'ai fait des démarches, pourquoi il y a autant d'avocats et d'associations qui gèrent cette affaire énorme.Le but recherché est d'indemniser les victimes, mais la justice se base uniquement sur des dossiers.Donc, on va rappeler qu'il faut tout consigner sur pièces. Je ne renseigne pas au téléphone car c'est très long.Voilà pourquoi j'organise cette réunion d'information.

 

Où en êtes-vous judiciairement ? 

 

En janvier, j'ai gagné un référé, dans le sens où le tribunal de grande instance de Béziers a condamné le laboratoire Merck, fabricant du Levothyrox®, à payer les frais de justice et a ordonné mon expertise médicale, c'est surtout ce que je demandais.

 

Vous continuez votre combat devant la justice ?

 

Aujourd'hui, le tribunal de Marseille a désigné un juge. L'enquête est en cours pour des préventions de mise en danger de la vie d'autrui, tromperie sur la marchandise. Cela va être très long. Des reportages commencent à paraître dans les médias, évoquant la possibilité de trafics d'influence et de conflits d'intérêts. D'ici un an, énormément de choses vont sortir.

 

Envisagez-vous une action commune avec le collectif des Victimes du nouveau Levothyrox® en Occitanie ?

 

Sa présidente et fondatrice, Sylvie Chereau, sera présente, ce dimanche. Oui, ma démarche pourra être de me joindre au VNLO ou alors j'attaquerai au civil devant le tribunal de Toulouse. Je suis assez fort de caractère donc je n'ai pas peur d'y aller seul.Mais énormément de gens sont un peu perdus face à la justice. L'objectif de cette réunion est aussi de dédramatiser ces démarches qui peuvent paraître inabordables.Après, ils auront le choix d'entamer une procédure ou pas, mais au moins, ils auront toutes les informations. À cette réunion, Il y aura peut-être Me Levy, qui s'occupe de l'association des victimes, pour toute la partie technique juridique.

 

Qu'avez-vous envie de dire aux gens pour les encourager ?

 

L'affaire est en cours.L'objectif final serait de retrouver notre ancienne formule qui marchait très bien. Et surtout, il faut que cette affaire ne se reproduise plus jamais.

 

C'est un nouveau scandale sanitaire ?

 

Ce n'est pas une affaire comme les autres. Car il ne s'agit pas d'un nouveau médicament comme le Mediator®.On a décidé que cette nouvelle formule du Levothyrox® est la meilleure, et ceci peut-être dans un but uniquement économique.

 

Source : Midi Libre le 10/03/2018


Correction : le VNLO n'est pas une association mais un Collectif de malades. 

L'équipe VNLO