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Manifestation à Paris des malades de la thyroïde contre la nouvelle formule du lévothyrox

Alors que se tient mercredi un comité de suivi du ministère de la Santé sur la crise sanitaire provoquée par l'arrivée de la nouvelle formule du Lévothyrox, l'Association Française des Malades de la Thyroïde organise à Paris un rassemblement pour faire valoir ses revendications.

n an après les premiers signalements de patients déclarant mal supporter la nouvelle formule du Levothyrox, l'Association française des malades de la thyroide (AFMT) organise ce mercredi un rassemblement à Paris alors que se tient un comité de suivi du ministère de la Santé sur la crise sanitaire provoquée par cette nouvelle formule.

Au cours d'une conférence de presse, l'association compte évoquer l’évolution de sa plainte pénale, ainsi que les résultats des analyses par des laboratoires privés de la composition des cachets de la nouvelle formule.

Le volet pénal du dossier du Levothyrox avait franchi au début du mois de mars une nouvelle étape avec la désignation d'un juge d'instruction à Marseille pour enquêter sur les plaintes de ces milliers de malades de la thyroïde victimes d'effets secondaires de la nouvelle formule du médicament.

Une information judiciaire contre X avait été ouverte le 2 mars pour tromperie aggravée, blessure involontaire et mise en danger d'autrui à la suite de l'enregistrement de 7.000 plaintes, notamment déposées par l'avocat toulousain Me Christophe Lèguevaques .

Elle a été confiée à un juge du pôle de santé publique du TGI de Marseille, la compétence de celui-ci s'étendant jusqu'à Lyon, siège français du laboratoire allemand Merck qui produit le médicament.

Trois millions de patients prennent du Levothyrox en France, pour soigner l'hypothyroïdie ou après une opération de cancer de la thyroïde. En 2012 une nouvelle formule du médicament avait été réclamée par l'Agence du médicament (ANSM) au laboratoire Merck, afin de rendre le produit plus stable dans le temps. Arrivée sur le marché fin mars 2017, celle-ci ne portait pas sur le principe actif du médicament, mais seulement sur les excipients.

Une pétition pour réclamer le retour de l'ancienne formule avait rassemblé plus de 170.000 signatures début septembre dernier. La comédienne Anny Duperey, une des patientes à avoir porté plainte, avait elle adressé une lettre ouverte à la ministre de la Santé Agnès Buzyn.

Face à l'ampleur du mouvement, Mme Buzyn avait annoncé le 15 septembre que l'ancienne formule du médicament serait à nouveau disponible. Dès novembre Merck avait cependant précisé que l'ancienne formule, l'Euthyrox, seulement disponible au compte-goutte, ne serait plus distribuée en France au-delà de 2018.

Sur le volet civil du dossier, une action collective a été engagée contre le laboratoire Merck, pour défaut d'information et préjudice d'angoisse. Le procès aura lieu le 1er octobre 2018 à Lyon. Me Lèguevaques, à l'origine de cette action collective, réclame pour chacun des patients une indemnité forfaitaire de 10.000 euros.

Via un cabinet virtuel, MySMARTcab, un portail internet permettant à toute victime de s'associer à une procédure en cours, Me Lèguevaques avait obtenu l'inscription de près de 10.000 personnes à cette action collective. Au 15 février, date-limite fixée par le tribunal pour le dépôt des plaintes civiles, 4.115 dossiers avaient été enregistrés.