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La Dépêche Toulouse a interviewé aussi des membres du Collectif VNLO

«Nous avons enfin été compris, entendus. Je ressens un grand soulagement dont nous avions tous besoin, est heureuse Sylvie Chereau (au centre de la photo ci-dessus) qui ne peut retenir un soupir de la présidente et porte-parole du collectif des Victimes du nouveau Lévothyrox de Haute-Garonne. Ce médicament a sur beaucoup de terribles effets secondaire que, jusque-là, on ne voulait pas entendre, préférant nous traiter avec mépris en mettant ça sur le compte du psychologique».Hier matin, lorsque Sylvie Chereau a appris, en compagnie de Me Jacques Lévy, l'avocat des 52 plaignants, que le tribunal civil avait condamné le laboratoire à fournir «par le biais des circuits de distribution et de commercialisation, sans délai, le produit ancienne formule» aux patients de Haute-Garonne qui avaient assigné Merck en justice, elle n'a pu s'empêcher de pleurer.

 

«C'est un moment tellement fort, tellement émouvant. La justice des hommes nous a redonné vie, sortie de cette inexistence à laquelle on voulait nous contraindre. Je craignais la décision du tribunal mais au fond de moi je croyais en cette victoire parce que le procès a permis de montrer, d'exprimer le calvaire que nous vivons depuis plusieurs mois. Les débats ont été très dignes. Me Lévy nous a donné des frissons en parlant, avec justesse et compassion de notre détresse et de la nécessité d'être sauvés, réhabilités par la justice et d'obtenir réparation».

Malgré l'avancée considérable que constitue pour les patients la condamnation de Merck, Sylvie Chereau n'est pas totalement rassurée : «Il faut voir maintenant comment les choses vont se poursuivre. Ce jugement fera-t-il jurisprudence partout en France ? Merck va faire appel et tout est loin d'être terminé. Ce que nous souhaitons, à présent, c'est rencontrer la ministre de la Santé».

 

«La reconnaissance d'un calvaire»

Carole Nègre, 56 ans, créatrice de sites internet à Toulouse, est très émue elle aussi.

«C'est avant tout la reconnaissance du calvaire que nous endurons. J'ai souffert de crampes horribles, de malaises permanents et de nausées incessantes. J'ai eu un problème rénal, un dérèglement de ma tension artérielle ; et j'ai perdu beaucoup de cheveux sans compter que j'ai pris 12 kg. Et… pour toute réponse, les médecins me disaient : «C'est mental. C'est dans votre tête. Le nouveau médicament n'y est pour rien. Je n'arrivais plus à dormir et j'avais des maux de tête. J'ai fini par penser que j'avais une tumeur au cerveau. J'ai vécu des moments d'angoisse qui m'ont conduite à penser qu'il valait mieux ne plus vivre. La justice vient de me rendre… justice en considérant ma parole».Carole Nègre ne se contentera cependant pas de cette victoire : «J'irai au pénal pour obtenir réparation. J'ai dû annuler de nombreux rendez-vous professionnels parce que je n'étais pas en état de les honorer. Aujourd'hui, avec tous ces cheveux perdus, il m'est difficile d'aller au-devant des gens. J'ai une partie de moi qui est détruite».Chez Luc Despontin, fonctionnaire territorial à Toulouse Métropole, «la condamnation de Merck provoque sensiblement le même ressenti : «Elle est un début de réparation, la fin de la négation de ma personne que l'on m'a imposée en restant sourd à ma détresse, en disant que je délirais».

«J'ai eu de gros problèmes gastriques», détaille, la voix tremblante, Luc Despontin. qui a perdu «énormément» de cheveux et ne dormais plus. «J'étais très énervé, irritable et agressif avec tout le monde parce que j'étais épuisé. Et, je me suis retrouvé seul face à tout ça»C'est en entendant la comédienne Anny Duperey parler à la télévision des troubles que provoquait chez elle le nouveau Lévothyrox, qu'il a pris conscience que «c'était ça» qu'il vivait aussi, que le nouveau traitement était «la cause de la dégradation à grande vitesse de son état de santé.» Luc Despontin s'est aussitôt rendu en Espagne pour se fournir en ancien Lévothyrox. «Trois semaines plus tard, tous mes maux ont disparu.»

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