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Levothyrox : plainte contre deux ministres pour non-assistance à personne en danger

L'affaire du médicament Levothyrox prend une nouvelle tournure judiciaire ce dimanche. Une plainte pour non-assistance à personne en danger a été déposée contre la ministre de la Santé Agnès Buzyn et le ministre de l'Economie Bruno Le Maire. 

L'avocate à l'origine de la plainte, déposée vendredi à Grasse (Alpes-Maritimes), se base sur l'article 223-6 alinéa 2 du Code Pénal concernant "l'abstention volontaire de porter assistance à une personne en péril". Sa plainte vise non seulement les ministres mais aussi le laboratoire Merck, le fabricant du Levothyrox et l'agence nationale de la santé et du médicament (ANSM). 

200 nouvelles paintes jeudi prochain

A la tête du collectif "Alerte thyroïde", et elle-même sous Levothyrox, Maître Anne-Catherine Colin-Chauley, a été la première à porter plainte contre Merck l'été dernier après avoir constaté les effets indésirables de la nouvelle formule. Elle a déjà déposé 100 plaintes de particuliers et doit en déposer 200 nouvelles jeudi prochain toujours pour mise en danger de la vie d'autrui. Les plaintes seront centralisées au tribunal de grande instance de Marseille qui a ouvert une enquête préliminaire.

Ces plaintes interviennent alors qu'un autre avocat, le toulousain Christophe Léguevaques, mène une action collective contre le Levothyrox pour "défaut et manquement à l'obligation d'information". 108 premières assignations ont été déposées contre les laboratoires Merck à Lyon. Une audience de mise à l'état est annoncée le 19 décembre devant le tribunal d'instance de Lyon. Le procès pourrait se tenir au premier semestre 2018.

Audience en référé : décision mardi 

Une première audience civile sur le Levothyrox s'est tenue à Toulouse cette semaine. La décision sera rendue mardi 14 novembre. 90 malades ont demandé au juge des référés d'ordonner au laboratoire de leur fournir en urgence le médicament avec l'ancienne formule. Le juge n'avait pas hésité à se rendre dans une pharmacie, à proximité du palais de justice de Toulouse, pour constater l'absence de l'ancienne formulation du médicament, pourtant en théorie disponible, depuis le 2 octobre. Or une usine française de Merck fabrique toujours cette ancienne formule ... pour l'Italie.

L'avocat des laboratoires Merck Me Robert indique, pour sa part, que la nouvelle formule a été exigée par l'Agence du médicament qui déplorait le manque de stabilité du Levothrox.

Les malades accusent la nouvelle formule de lourds effets secondaires sur l'humeur, de problèmes gastriques ou de troubles du sommeil. Le Levothyrox permet de traiter les pathologies thyroïdiennes de 3 millions de personnes en France. 

 

Lire dans la Dépêche du Midi 12 novembre 2017